Harry et Marco

Ça y est Marco, mon ancien  éduc a retrouvé du boulot dans un foyer qui accueille des mineurs isolés étrangers.

Il dit que pour lui, l’indigène, c’est compliqué de comprendre  ces jeunes multilingues. Mais ça permet de voyager qu’y dit aussi !

En les écoutant raconter leurs mésaventures, dans sa tête il se voit déjà « Tintin en Mongolie » ou « Tintin au Congo »… Il se voit arpenter la route des indes ou la route de la soie…

Lui qui n’a jamais bougé de son coin, a toujours eu une âme d’explorateur.

Mais dans ses rêves, point de pays en guerre, point de génocide, point de famine, point d’enfants exploités, violentés, abusés… point de tout ce qui a jeté sur la route les jeunes dont il s’occupe aujourd’hui.

Avec eux, il a appris à écouter et à se taire, « sois simplement là ! » lui dit son pote Serge, accepte de donner du temps au temps. Prends soin d’eux car quand la nuit vient, il y en a plus d’un, plus d’une, qui a du mal à retenir ses larmes.

Pour certains cette mise à l’abri ne durera que quelques jours, après ils reprendront la route vers un autre département. L’autorité judiciaire en charge de l’orientation des enfants veille à ce que la répartition des enfants vers les départements se fasse de manière équilibrée sur le territoire national.

Après avoir parcouru 8000km de Shijingshan Qu à  Calais, Huan qui rêvait de rejoindre l’Angleterre puis l’Ecosse va se retrouver sur le plateau des Causses.

Pour ses potes qui resteront au foyer, Marco va devoir mouiller le polo, comme on dit chez nous.

Mais  la médecine des blancs « Protéger, Informer, Orienter » qui prévoit leur admission dans le dispositif de protection de l’enfance, ne s’intéresse pas à leur droit au séjour lorsqu’ils deviennent  des majeurs isolés étrangers.

Marco l’explorateur est devenu Marco le militant. Il est venu parler de son boulot à ses potes de l’ANPASE et eux se sont dit que ça valait le coût coup de poursuivre le débat.

Harry

 

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