Se regarder autrement

Se regarder autrement

Eradiquer, juguler, combattre la violence… un langage, des objectifs guerriers pour évoquer ce fléau qui quelquefois s’empare d’un individu sans que nous puissions le comprendre.

Et si le conflit était d’abord une mise en tension d’une relation ?

Souvent cela commence par de petits accrochages ; on s’accroche l’un l’autre ! Chacun s’affirme, chacun s’ajuste à l’autre. Parfois le temps passant la relation se tend, après le temps de la discute vient le temps de la dispute, de violentes disputes de couples qui font fuir tout le monde. “L’cat i-est dins l’horloche”» comme on dit alors !

Il y a violence et violence, dit-on !

Il ne faut pas tout mélanger ! Le code pénal qualifie les passages à l’acte violent en degré de gravité, la vox populi fait souvent de même. Pour classifier et traiter les faits, les actes, il faut un auteur et une victime ; chacun est assigné à une « juste » place.

Nous n'existons souvent que dans le regard des autres.

Le statut de victime procure de la reconnaissance, de la compassion ; spontanément nous sommes du côté de la personne qui porte les stigmates de la victime. Les médias s’emparent du sujet, diabolisent la violence et confortent la victime à une place, à une identité.

Or chacun est renvoyé à lui-même dans ces situations où il côtoie la violence, celle des autres en écho de celle qu’il a en lui. Tout le monde fait un jour l'expérience de sa violence à travers les épreuves de la vie où on est confronté à soi-même dans une relation à l’autre. Il s’agit de relations, d’interactions, de relations dysfonctionnelles… d’histoire de vie, d’histoires d’amour qui n’en finissent pas de finir mal.

Souvent chercher à comprendre relève du paradoxe, aucune réponse ne paraît satisfaisante.

Mais sommes-nous là pour comprendre ?

Si la justice s’intéresse aux actes, nous travailleurs sociaux nous intéressons aux personnes ; nul ne peut être résumé à ses actes.

Le travail social s’adresse à l’humanité des personnes, indépendamment de leur sexe, de leur couleur de peau, de leur orientation sexuelle, de leur croyance religieuse ou de leur place assignée d’auteur ou de victime.

Quand l’exercice de notre profession, nous conduit auprès de ces hommes et femmes aux prises avec des situations de violences conjugales, quelle position d’accompagnement adoptée ?

Elles sont sans nul doute plurielles selon la place, la fonction que nous occupons, dans tel ou tel contexte, dans telle ou telle structure. L’ANPASE de LILLE dans le Nord vous invite à venir en débattre avec eux…