ANPASE (Association Nationale des Professionnels et Acteurs du sanitaire, social et médico-social pour l'enfance et la famille)

La pauvreté a augmenté en France.

Le 5 septembre 2018, deux rapports, l’un sur "le versement de la juste prestation" sociale et l’autre sur l’accompagnement des bénéficiaires du RSA, ont été remis au Premier ministre. Ces deux rapports, commandés en juin dernier, doivent alimenter le plan de lutte contre la pauvreté, qui sera présenté le 13 septembre 2018 par le président de la République.

Le premier rapport, rédigé par la députée Christine Cloarec-Le Nabour et le professeur associé à Sciences Po Julien Damon, propose de moderniser le système actuel des aides sociales, en vue d’aboutir à une "juste prestation".

http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/184000587-l-accompagnement-des-beneficiaires-du-rsa

Le second rapport, remis par la députée Claire Pitollat et le président du conseil départemental de Meurthe-et-Moselle Mathieu Klein, s’intéresse à l’accompagnement des bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA).

http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/184000588-la-juste-prestation-pour-des-prestations-et-un-accompagnement-ajustes

Ce jeudi 13 septembreEmmanuel Macron présente son plan pauvreté.

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Mardi 17 octobre 2017, ce fut la 30ème journée du refus de la misère, un anniversaire qui apermis de porter un éclairage sur la pauvreté et les moyens pour la combattre.

Pour le prochain anniversaire, y a t-il des changements en perspective? Oui si l'on se réfère au nouveau plan de lutte contre la pauvreté.

Il comprend des mesures de prévention de la précarité en faveur des plus jeunes, mais aussi l'instauration d'un « revenu universel d'activité » et un renforcement des dispositifs d'accompagnement au retour à l'emploi.

A l'ANPASE nous saluons la démarche en cours qui nécéssitera (et suscitera, nous l'espérons) une mobilisation des acteurs économiques de ce pays.

 

 

 

 

 

 

Marteau enclume

L'enfant n'est pas seulement témoin des violences conjugales. Il en est victime.

Les enfants exposés aux violences conjugales voient, entendent des scènes qui vont de la violence verbale à l’agression sexuelle ou physique.
En France, en moyenne 43 000 enfants vivent dans un foyer où une femme a déclaré des formes de violences sexuelles et/ou physiques au sein de son couple. 42% ont moins de 6 ans. Deux sur trois vivent dans un foyer où les violences sont répétées.Enquête « Cadre de vie et sécurité », INSEE, Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales2010-2015,
Tout professionnel exerçant son "art" auprès des familles se trouve confronté à ces situations complexes de violences intrafamiliales. L'ANPASE  en fa fait son sujet de recherche pendant deux journées, les 4 et 5 octobre 2018 à l'ENPJJ de Roubaix.
Le nombre de places est volontairement limité pour que de vrais débats puissent s'instaurer entre intervennants et participants; le repas pris en commun sur place devrait y contribuer également.
Ne tardez pas à vous y inscrire !
 
Colloque complet

 
 
 
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Les rendez-vous de l'ANPASE en 2018

4 et 5 OCTOBRE 2018

Flyer 3


 

La prise en charge des violences conjugales est en constante évolution.

On connaît mieux la multiplicité et la complexité des violences, on reconnaît davantage la diversité et les spécificités des contextes. De plus, les analyses et pratiques scientifiques et professionnelles dans ce domaine se sont affinées entraînant des développements importants dans plusieurs domaines : l’accompagnement des femmes, les programmes d’intervention auprès des hommes violents, mais également sur les plans sociologique, psychologique, législatif et judiciaire ainsi que dans le dépistage et l’intervention.

Pourtant, la richesse de ces évolutions demeure largement méconnue même auprès des acteurs sociaux.

L’ANPASE a choisi de donner la parole à des chercheurs, à des travailleurs sociaux  qui accompagnent ces publics dans diverses structures et plus particulièrement dans les associations spécialisées.

Des équipes françaises et des équipes belges viendront nourrir le débat.

Le détail du programme, la feuille d'inscription sont disponibles sur le site.

Actualite webAu fait, nous rappelons quoi  le 20 novembre de chaque année depuis 1989 ?

Comme chaque année et ce depuis l'adoption par l'Assemblée générale des Nations unies de la Convention internationale des droits de l'enfant (CIDE), le 20 novembre 1989, une journée internationale des droits de l’enfant est organisée partout en France avec comme focus principal le rappel des droits de l’enfant.

La France a à son compteur :

  • + de 290 000 mineurs pris en charge en protection de l’Enfance
  • + de 21 000 majeurs accompagnés par les services de l’Aide sociale à l’Enfance
  • + de 2 600 enfants ayant le statut de pupille de l’Etat
  • + de 300 000 appels au service 119 (allo enfance maltraitée)
  • +  de 20 % des enfants de moins de 18 ans vivent dans une famille dont les revenus sont inférieurs au seuil de pauvreté à 60 % du revenu médian, soit + de 2 700 000 enfants. Cela revient à dire qu’un enfant sur cinq est pauvre et qu’une personne pauvre sur trois est un enfant.

Depuis toutes ces années, nous sommes  submergés par des textes, des témoignages circulant et re-circulant via les réseaux sociaux ; colloques, conférences et débats d’un soir, d’un week-end se succèdent…

Et pourtant nous en sommes quasiment au même point et à faire les mêmes constats chaque année !

Quand le curseur va-t-il bouger ?

Quand allons-nous comprendre que mettre l’enfant au cœur des décisions n’est pas qu’un slogan qui s’affiche ?

L’ANPASE vous invite à penser et agir pour qu’il n’y ait plus à panser et réparer !

L’ANPASE veut faire bouger les choses, alors elle s’est arrimée au collectif CEP-Enfance depuis 2013. Collectif, de plus de 100 signataires, qui demande à « penser » les politiques de l’enfance en mettant l’enfant au centre des réflexions, l’enfant dans sa globalité, dans son développement singulier jusqu’à l’âge adulte et non pensé à partir des préoccupations des adultes, des institutions.

L’ANPASE souhaite éveiller les décideurs à un changement de culture ! Combien de fois encore, devrons-nous rappeler : l’enfant est l’adulte de demain ! Pour construire un avenir à nos enfants, il nous faut prendre soin des fondations.

L’ANPASE sera là pour le rappeler, et agir, jusqu’à ce que dans les esprits, ce défi de construire une société humaniste et solidaire s'imprime comme une vraie responsabilité.

Citation

Le LUNDI 20 NOVEMBRE 2017 – c’était la JOURNEE INTERNATIONALE des DROITS de l’ENFANT


 

Devoir de mémoireCapture

Notre pays n’a pas connu la guerre depuis des décennies. Les attentats successifs ont été une intrusion de la barbarie dans nos vies. Notre monde de bisounours s’est alors éloigné à la vitesse de la lumière.

Ces événements qui ont fait irruption dans notre quotidien ont bouleversé une sécurité que nous pensions acquise. Et en un instant, c'est comme si le temps s'était arrêté...

En cette période de Toussaint, l’usage veut que l'on se rende massivement dans les cimetières dès le 1er novembre, puisque c'est cette journée qui est chômée dans de nombreux pays d'Europe. La Toussaint fait partie des 11 jours fériés reconnus dans l'Hexagone.

En cette période du souvenir, l’ANPASE vous incite à avoir une pensée pour les victimes des attentats ?


 

METEO

La rentrée sera chaude !

Combien de fois avons-nous entendu cette ritournelle ?Canicule

À chaque rentrée législative ?

Mais cette fois, l’idée d’une France qui dépasse ses clivages et fait se dialoguer des personnes différentes, conceptuellement distantes mais qui parviennent, par l’échange, à construire un pont entre deux rives est séduisante.

En l’écrivant, il me vient en tête les paroles d’une chanson de Jacques Dutronc.

Ecrite en 1973 ce n’est pas possible qu’elle soit encore d’actualité !

« Il se passe toujours quelque chose

Car il fait ce que personne n'ose.

Pour mieux attraper, pour mieux attraper,

Pour mieux attraper les mamans,

Il fait rigoler les enfants.

Il est plus drôle que bien des pères

Oui mais il est, oui mais il est,

Oui mais il est un peu Prosper.

Il est sympa et attirant

Mais méfiez-vous : c'est un truand

Il est sympa et attirant

Mais méfiez-vous : c'est un truand. »

Dernier couplet de la chanson: Le dragueur des supermarchés Auteurs compositeurs : Jacques Lanzmann - Jacques Dutronc

La parole de l'ANPASE en cette période éléctorale

La république est en marche nous dit-on ! Le verdict des urnes est tombé. Le gouvernement travaille !

En marche, les travailleurs sociaux le sont aussi ! Ils se mobilisent, face à des politiques locales et nationales, des décisions institutionnelles ayant de graves répercussions sur le bien être des enfants et de leurs familles.

La marche pour la protection de l'enfance qui doit aboutir à Paris les 3 et 4 juillet dans une manifestation nationale des professions médico-sociales a commencé à Angers le 27 juin.

RDV le 4 juillet à Paris aux assises nationales de la protection de l’enfance, pour interpeler le gouvernement et les médias nationaux sur la situation de la Protection de l’enfance du Maine et Loire et plus globalement sur l’ensemble de la situation sociale, médico-sociale et sanitaire en France.

L'ANPASE soutient le mouvement!

Revoilà l'été, les congés largement mérités

Soleil 0

En cette période électorale de la présidentielle, nul ne peut rester indifférent au débat qui secoue la France.

L'ANPASE, association de libre adhésion qui prône des valeurs d'humanisme et d'engagement, entend participer au débat.

A l'ANPASE, nous pouvons affirmer comme le dit Albert JACQUARD que " notre richesse collective est faite de notre diversité. L'autre, individu ou société, nous est précieux dans la mesure où il nous est dissemblable".

Comment dès lors pourrions nous souscrire à un projet politique qui s'enracine dans l'intolérance de l'autre, dans le repli sur soi, dans le recours à des solutions d'un autre âge aux problèmes d'aujourd'hui ?

A l'ANPASE, il n'y a pas de place pour des femmes et des hommes qui dénigrent la pluralité de l'humain, qui colportent de fausses allégations, qui nourrissent leurs colères dans l'autre, l'étrange, l'étranger.

A l'ANPASE nous défendons l'idée qu'il y a de la place pour des femmes et des hommes qui pensent en marchant, qui mutualisent leurs connaissances dans des rencontres où les autres sont reconnus dans leur humanité, leurs compétences, leur être tout simplement.

"On ne fera pas un monde différent avec des gens indifférents" nous dit Arundhati Roy - (écrivaine indienne) Alors un "homme", une voix, un bulletin dans l'urne en ce dimanche d'élection !

Ne laissez pas vos colères vous guider, chacun sait qu'on ne prend pas de bonnes décisions dans la colère!


A.N.P.A.S.E

 27 Rue de la Tourbière

59870 Marchiennes

Lettre ouverte de l’ANPASE aux candidat-e-s à l'élection présidentielle 2017

 

L’ANPASE, Association Nationale des Professionnels œuvrant en faveur de l’Enfance et de la Famille, créée en 1962, a accompagné les changements successifs de l’ensemble des dispositifs législatifs accompagnant l’enfant et sa famille.

L’ANPASE, avec ses journées d’étude et de recherche, a été un acteur important dans cette évolution législative, tant sur le plan d’une politique de l’enfance bienveillante, que sur le plan de la lutte contre les inégalités.

Les élections présidentielles approchent à grand pas, elles sont sources d’interrogations pour le citoyen qui se questionne sur :

  • sa place dans la société,
  • ce qu’il va advenir de ses acquis, de ses droits,
  • l’évolution de la société française, l’attention qui sera portée à chacune et à chacun dans une logique de solidarité.

Vous êtes candidat à l’élection présidentielle et nous avons lu votre programme. Nous vous adressons cette lettre ouverte afin de vous inviter à préciser vos projets et engagements d'accompagnement de l'enfant et du jeune jusque à sa vie d'adulte.

Aujourd’hui, il vous faut redonner du sens à la parole politique. La parole politique doit honorer la République, déjà fragilisée par des propos parfois insoutenables qui déprécient les Institutions, altèrent le tissu citoyen. Le Vivre Ensemble ne se décrète pas, ni par un quelconque dispositif règlementaire, ni par une vision dogmatique appuyée sur des courants de pensée en vogue...

Le premier pas que les personnes en difficulté sociale, familiale et/ou économique attendent du politique est le fait d’être considérées comme une personne.

La création du Haut Conseil de la Famille, de l’Enfance et de l’Age va dans ce sens. Rappelons que cette initiative a été soutenue par le collectif CEP-Enfance qui rassemble plus d’une centaine d’organisations de tous champs : santé, social, justice, culture, éducation, loisirs..., dont l’intérêt pour l’Enfance transcende leurs courants de pensée.

Le premier pas qu’attend l’ANPASE, association de professionnels dédiée au travail social est un engagement clair dans la mise en œuvre d’une véritable politique de la petite enfance, de l’enfance et de la jeunesse, co-construite avec l'ensemble des acteurs concernés.

Nous attendons une politique qui traduise une ambition, une certaine idée du social, qui prenne en compte l’humain au sein de sa famille et de la société, et au sein d’institutions et services qui contribuent favorablement à son développement.

Le premier pas attendu par les institutions au service des personnes est que la politique de l’Enfance ne soit pas conditionnée à des ajustements budgétaires conjoncturels qui rendent impraticables toute forme d’action à visée émancipatrice, et qui nuisent à la pérennité des dispositifs et des projets et à la sérénité des équipes  et des enfants.

Une politique soutenue par des valeurs de solidarité, d’équité, de justice, de respect de l’autre, plutôt qu’engoncée dans des dynamiques financières de moindre coût. Toute institution assujettie à ses impératifs économiques devient, de façon insidieuse, maltraitante.

L’ANPASE a toujours priorisé l’humain, son unicité et authenticité. Une nouvelle fois, notre engagement associatif et militant nous amène à rappeler aux décideurs de demain de ne pas oublier celles et ceux qui sont la force de ce pays.

Nul ne tirera profit si se creuse toujours plus le fossé entre les citoyens et les acteurs politiques.

Réagir à l’évènementiel, aux situations dites « difficiles » « complexes socialement » « lourdes administrativement »... est certes nécessaire mais insuffisant. À quel moment serons‐nous en mesure de réfléchir ensemble « préventivement » ?

La présidente Natacha CHARTIER


 

Salut l’artiste !

Un vieil éducateur, vient de nous quitter. Il a tracé un profond sillon dans le domaine de l’éducation spécialisée de l'éducation populaire, de l'action sociale, à l'Observatoire International des Prisons, à l'Université St Joseph à Beyrouth, à Meudon, aux Etats généraux du travail social.....

Jacques Ladsous, né le
C’était un homme qui n’a jamais décroché du terrain, « l'endroit où l'on comprend, progresse » disait-il. « Je suis un éducateur, un vieil éducateur, j'ai commencé en 1946 j'ai eu plusieurs fonctions, de directeur, de formateur... Je signe mes livres « éducateur », profession nécessaire dans les situations que vivent les gens ».Index

« J'ai eu des titres honorifiques parce que mes pairs m'ont fait confiance » disait-il  avec modestie : vice-président du conseil supérieur de travail social, rentré aux CEMEA en 1947 il y occupera les fonctions de vice-président, secrétaire général du musée social, le CEDIAS…

Éducateur, de profession. Jacques différenciait profession et métier.

 « Une profession, c'est un service à rendre, un engagement. Un métier c'est un art de faire» disait-il !
« Dans notre profession une particularité : nous ne sommes pas des soignants, des conseillers mais des accompagnateurs des personnes ; nous sommes dans le vivre avec, le faire avec ; pas quelqu’un dans un bureau avec un téléphone, il partage des moments de vie et des moments d’action. Chaque fois qu'un éducateur se prend pour un autre, il n'est plus éducateur. »
Belle façon de souligner la confusion dans laquelle nous entraine la marchandisation du travail social !

Vivre avec, faire avec, partager.
« … Donner du sens à ce qu'on fait. Je ne vends pas des prestations. J'accompagne et je trouve avec la personne pour qu'elle trouve les aménagements nécessaires pour qu'elle passe sa vie dans des conditions… » Jacques était porteur d’une certaine vision du travail social !

Les professions sociales ne peuvent faire abstraction du politique.
« J'ai toujours défendu le rôle politique des professionnels et été renvoyé deux fois pur cela ; j'ai continué  ... Vous épousez la misère, la souffrance ; de deux choses l'une soit vous êtes du côté des miséreux soit vous êtes de l'autre côté.
Quand on me dit l'éducateur doit être quelqu’un de neutre, non, la neutralité c'est la fuite, devenir un ectoplasme.
Un certain nombre d'éducateur sont des ectoplasmes, des courroies de transmission du pouvoir.

La richesse n'appartient pas à tout le monde. Nous naissons égaux en droit mais inégaux ; nous sommes des médiateurs, travailler de façon que chacun ait le nécessaire et capable de faire reconnaître ses droits… »

Un vieil éducateur, vient de nous quitter.Profession educateur

Intervenant fidèle des journées d’étude et de recherche de l’ANPASE, il va nous manquer.

Il nous laisse des écrits, ses interviews, ses propos qui sont d’une grande actualité.

A notre tour, à votre tour de poursuivre le tracé du sillon.


 

Dans le profond de nos mémoires, quand l’homme est aux affaires, la femme est au repaire ! !

On a beau en dire beaucoup, mais on n'en dira jamais assez sur la condition qui est faite aux femmes comme si dans toutes les sociétés, elles avaient à payer plus cher que les hommes le fait d'exister.

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Elles ont le 8 mars, me direz-vous !

Le 8 mars n'est pas, comme on l'entend parfois, la journée de "la" femme, qui mettrait à l'honneur un soi-disant idéal féminin (accompagné de ses attributs: cadeaux, appareils ménagers, roses ou parfums) mais la célébration de la journée internationale des droits des femmes.

Rappelons-nous que cette journée s’origine dans plusieurs actes de naissance successifs :

•             En 1910, à la Conférence internationale des femmes socialistes, il est question d'organiser chaque année «une journée de la femme destinée prioritairement à faire campagne pour le droit de vote des femmes».

•             En 1921, à la Conférence internationale des femmes communistes, on parle de tenir uniformément la Journée Internationale des femmes le 8 mars...

•             En 1977, une résolution de l'ONU, invite les pays à proclamer «un jour de l'année Journée des Nations unies pour les droits de la femme et la paix internationale».

•             En janvier 1982, le conseil des ministres décide qu'une journée des femmes sera célébrée le 8 mars prochain.

L’Organisation Internationale du Travail nous alerte sur l’absence de réels progrès depuis vingt ans pour les femmes dans le monde du travail. Elles sont les premières victimes du sous-emploi, de la précarité, moins bien payées, moins protégées socialement, elles restent confrontées à une situation d’inégalité générale.

Néanmoins, je crois que l'on peut admettre qu'il y a des progrès mais TROP PEU eu égard aux années d'existence depuis que l'être humain existe sur terre. Surtout il y a enfin des femmes qui sont aux manettes de leur pays !


 

La faute aux hommes !

Il est vrai que l’homme se conduit parfois comme un prédateur. L’autre étant objet de son désir, de son plaisir, de son pouvoir, de sa violence, de sa croyance… quand vous l’interpellez, il est toujours blanc comme neige !

C’est vrai que l’on a aucun mal à imaginer, quelques-unes de nos connaissances, devant leur miroir magique « miroir, miroir dis-moi que je suis le plus beau ...»

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Un fait imputable aux hommes et aux femmes !

Les stéréotypes de sexe structurent nos représentations mentales et notre interprétation du monde : rôles, activités, qualités, pouvoirs… Peu «visibles» à notre conscience, hommes et femmes, nous, les avons intériorisés au fil de notre socialisation ; ils n’en sont pas moins très actifs, prégnants.

A l’ANPASE, à l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, nous aurions pu endosser plusieurs casquettes, (militantisme féministe, combattant contre le sexisme, la misogynie, le machisme…)

A l’ANPASE, nous avons choisi d’attirer votre attention sur une initiative des CEMEA dont le projet s’est fixé comme ambition de faire intégrer la déconstruction des stéréotypes et des rôles sociaux sexués dans les programmes de formation aux métiers de la petite enfance.

Ce projet a été sélectionné (2004-2006) par la Commission européenne, la DG emploi et affaires sociales et le programme d’action communautaire en matière d’égalité entre hommes et femmes.

Son contenu reste bien d’actualité.

Sur leur site, vous trouverez des fiches pédagogiques pour travailler à la déconstruction des stéréotypes et des rôles sociaux sexués dans les programmes de formation aux métiers de la petite enfance.  http://www.cemea.asso.fr/aquoijouestu/fr/histoire/histoire.htm#


 

AUTORITE PARENTALE : LA FESSEE PREND UNE CLAQUEFessee

Depuis plusieurs années déjà, la France était pointée du doigt pour son prétendu laxisme à l’égard des parents sévères. De là à espérer que l’interdiction de la fessée contribuera à faire des enfants de meilleurs citoyens…

L’amendement contre la fessée censuré par le Conseil constitutionnel

Jeudi 26 janvier 2017, le Conseil constitutionnel a censuré plusieurs dispositions de la loi relative à l’égalité et à la citoyenneté, certaines sur le fond, certaines sur la forme, estimant que les mesures en question n’avaient rien à faire dans la loi. C’était la dernière loi importante du quinquennat, souvent qualifiée de « loi balai » tant elle avait agrégé nombre de mesures qui n’avaient pu trouver leur place dans d’autres textes législatifs. L’amendement, voté à la hâte, modifiant le Code civil, prévoyait d’interdire, aux parents « tout traitement cruel, dégradant ou humiliant, y compris tout recours aux violences corporelles» envers leurs enfants. En clair, une petite fessée ne vaudrait désormais pas moins qu’une grande gifle et inversement, puisque les deux seraient interdites.

Un programme  du Conseil de l'Europe pour la promotion des droits de l'enfant et la protection de l'enfance contre la violence prônait  l’élimination de tout châtiment corporel, dès 2006, même léger, et de tout autre châtiment cruel et dégradant. Dans une observation générale parue en 2006, le comité définit les châtiments corporels ou physiques de la manière suivante:

«Tout châtiment impliquant l’usage ou la force physique et visant à infliger un certain degré de douleur ou de désagrément, aussi léger soit-il.

La plupart de ces châtiments donnent lieu à l’administration d’un coup (“tape”, “gifle”, “fessée”) à un enfant, avec la main ou à l’aide d’un instrument – fouet, baguette, ceinture, chaussure, cuillère de bois, etc. Ce type de châtiment peut aussi consister, par exemple, à donner un coup de pied, secouer et projeter un enfant, le griffer, le pincer, le mordre, lui tirer les cheveux, lui tirer les oreilles ou encore à forcer un enfant à demeurer dans une position inconfortable, à lui infliger une brûlure, à l’ébouillanter ou à le forcer à ingérer quelque chose (par exemple, laver la bouche d’un enfant avec du savon ou  l’obliger à avaler des épices piquantes).

De l’avis du comité, tout châtiment corporel ne peut être que dégradant. En outre, certaines formes non physiques sont également cruelles et dégradantes, et donc incompatibles avec la convention. A leur nombre figurent, par exemple: les châtiments tentant à rabaisser, humilier, dénigrer, prendre pour bouc émissaire, menacer, effrayer ou ridiculiser l’enfant.» www.coe.int/children Fiche pratique éducative n°45

 

« Une autorité sans fessée »

Mais alors qu’a-t-on encore le droit de faire ? La mode est à la parentalité positive. Etre parent, ça s’apprend, le coaching parental est à la mode « SuperNannie », « le grand frère »… ou pour nous les professionnels, le placement à domicile, les ateliers parentaux…

Banalisées, les punitions corporelles restent profondément ancrées dans les valeurs éducatives françaises.

Les parents qui frappent leurs enfants ne le font pas, sauf exception, par sadisme, mais pensent le faire « pour leur bien », pour bien les éduquer, et donc avec le désir de bien faire. Ils ont d’ailleurs pour la plupart été élevés de la même façon et ne font que reproduire l’éducation qu’ils ont subie.Idee recu

La fessée apparaît pour certains comme un outil éducatif à part entière, ne pas y recourir pourrait être considéré comme une preuve de laxisme et/ou de faiblesse. Pour d’autres, elle est considérée comme une violence inexcusable.

La fessée n’éduque pas, mais est une réponse colérique et émotionnelle face à l’impuissance à se faire obéir. L’enfant qui obéit par peur, et non parce qu’il a intégré la demande de l’adulte, n’apprend pas la façon dont il doit se comporter. Les châtiments corporels lui enseignent, au contraire, que l’usage de la violence est un moyen de résoudre problèmes et conflits.

Pour le professionnel, la loi lève le doute : toute violence sur mineur est un délit pouvant faire l’objet de poursuites judiciaires, voire d’une peine de prison. Alors, qu’il soit d’accord ou non avec l’usage de la fessée pour ses propres enfants, le professionnel qui accueille ceux des autres, doit trouver d’autres solutions pour affirmer son autorité.

Une éducation positive ?

 « L'éducation «positive» –qui consisterait à repenser les relations parent-enfant dans une perspective gagnant-gagnant– est partout: elle inonde la presse parentale, des blogs entiers et des milliers de pages de forums lui sont consacrée, les livres qui y font référence se vendent par poussettes entières…

Il s'agirait d'une invitation à une parentalité joyeuse, qui verrait toujours le verre à moitié plein du chocolat chaud répandu sur le sol de la cuisine, des murs crayonnés au stylo indélébile, et des nuits passées à la moulinette des terreurs nocturnes; et qui répondrait aux tracas du quotidien par une créativité sans faille conduisant à improviser un bain-repas, détourner en jeu le pénible rangement des 4534 pièces du Lego, ou encore organiser un mini-tribunal pour régler cette fâcheuse histoire de morsure fraternelle intempestive…

 La parentalité positive semble ne pas pouvoir être remise en question car elle promeut le «meilleur» pour son enfant. Remettre en question la parentalité positive, c'est comme dire qu'on est contre la paix, que l'amitié c'est pourri, que l'honnêteté devrait être interdite. Qui pourrait décemment refuser d'œuvrer pour que son enfant se construise et s'épanouisse sans violence, dans le respect de ses émotions, et de ses aspirations profondes; pour qu'il trouve sa place dans sa famille et la société sereinement? En fait, la parentalité positive ne peut pas être remise en question car elle érige le parent parfait en modèle. » http://www.slate.fr/story/104319/education-positive

Pour nous à l’ANPASE, renoncer à l’utilisation de toute forme de violence physique vis-à-vis de l’enfant ne signifie pas renoncer à l’autorité. «Laisser tout faire » à l’enfant est profondément déstabilisant pour lui et a des conséquences négatives sur son développement. En renforçant son sentiment de toute puissance, une trop grande liberté accordée à l’enfant peut le rendre incapable de gérer ses frustrations et à s’insérer dans la société.

Ne pas jeter le bébé avec l'eau du bain

Soit ! Les pouvoirs publics cherchent à optimiser l'éducation parentale au nom de l'intérêt supérieur de l'enfant !

Les parents, ont reçu des générations précédentes des habitudes éducatives. Ils sont « invités » à se défaire de certaines, « nocives »,  pour qu'à leur tour nos enfants puissent transmettre à leurs enfants de nouvelles habitudes éducatives «positives». L’émergence d’une théorie psychoéducative, aussi utopiste, aussi respectueuse de l'individu, aussi riche soit-elle se transformant en une norme éducative plonge les hordes de parents épuisés dans la culpabilité et le sentiment d'incompétence.

A l’ANPASE, nous pensons qu’il est temps de renouveler le regard porté sur cette génération de parents dans l'immense majorité soucieux du bien-être de leur enfant, prêts à se remettre en question et à évoluer.

Pour ce qui est du débat, aux multiples portes d’entrée (économique-psychologique-politique-éducatif-philosophique-sociologique….) du « Pour ou contre la fessée » l’ANPASE vous invite à faire un pas de côté, à laisser le désir de contrôle, inhérent à toute pratique éducative pour accompagner les parents  dans leur capacité à prendre part activement à la résolution de leurs difficultés d’éducation de leurs enfants.

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ALERTE : LE SOCIAL EST MAL PARTI

Vous avez la parole

NOUVELLE RUBRIQUE : "PAROLES A LA VOLEE"

L’ANPASE évolue avec la société

L’ANPASE écoute les besoins du citoyen

L’ANPASE écoute et donne la parole aux professionnels

L’ANPASE devait donc créer sa rubrique "donner la parole au citoyen".

Cette nouvelle rubrique nommée « paroles à la volée » permettra d’y inscrire régulièrement des phrases entendues ici et là par chacun d’entre nous. Il ne s'agira pas d'interviewer ou de solliciter des personnes précisément mais de prendre "à la volée" des paroles qui interpellent. Nous espérons ainsi donner la parole à toutes et tous professionnels ou simplement citoyen.

12 MARS 2016

Poissons blase s

Le pire sera-t-il à venir ?

L’ANPASE dénonce la volonté actuelle de conduire les travailleurs sociaux à s’imprégner de plus en plus du discours budgétaire dans leur pratique ?

En effet, voilà qu’est apparu un nouveau syndrome, le syndrome post-noël, une variante du syndrome de Stockholm !

Pouvons-nous dès lors poser la question suivante : à quelle logique de pensée doit répondre le social aujourd’hui ?

  • une logique économique-libérale : rationalisation, modernisation, mutualisation, moins de contraintes en matière de règles sociales, de coûts salariaux, mise en exergue du principe de responsabilité individuelle (en matière de chômage, de délinquance et d’intégration) qui évite de s’interroger sur la responsabilité collective d’une société face à ses manquements !
  • une logique respectueuse des valeurs fondamentales au travail social : solidarité, éthique, accompagnement, humanisme, une vraie place pour l’humain… !

Et l’on voit déjà les dérives à l’œuvre :

  1. Avoir comme objectif qu’un placement à l’ASE, dure le moins longtemps possible, d’accord, mais de là, à le penser, comme un contrat à durée déterminée, c’est pêcher par excès d’angélisme !
  2. Accompagner l’autonomie des jeunes 18 /21 ans oui mais l’arrêter par principe à la date anniversaire de la majorité, c’est sacrifier la jeunesse de l’an 2000 !
  3. Arrêter la prévention spécialisée, alors que dans la rue, les éducateurs sont face à des situations difficiles et complexes, c’est une véritable bombe à retardement !
  4. Laisser libre cours aux fantasmes en considérants les mineurs isolés étrangers comme un danger sécuritaire, d’immigration, et de boulet financier là c’est oublier que le statut d’enfant prévaut, dans le cadre de la protection de l’enfance !

Soumis à des pressions sociales et économiques répondant à une logique gestionnaire de moyens et personnels, le système adoptera et adaptera le langage et les principes de management de la logique marchande.

Si nous ne disons rien, nous développerons le syndrome post-noël, une variante du syndrome de Stockholm, qui nous conduira à adopter les idées de nos persécuteurs.

Le travail social a un coût dont nous n’avons pas à avoir honte.

Prenons conscience de ce sentiment de culpabilité qui nous guette

Libérons-nous par des paroles et des actions

Militons pour la réhabilitation de l’action sociale !

Les voeux de 2016

Horloge Passé les douze coups de minuit,

une année s’en va,

une autre commence.

Voici venu le temps de tourner une page, de fermer des tiroirs, de décréter que certaines choses sont passées ou mortes. Voici venu le temps de vous accorder un moment de réflexion, pour faire le point avec vous-même et de vous ouvrir au changement.

Le rituel des bonnes résolutions vous offre la possibilité de mettre vos manques et vos envies en mots : changer les couleurs du temps, changer les couleurs du monde !

Ce sera mieux, plus beau et plus fort encore demain, alors que parfois, malgré tous vos efforts, alors même que toujours plus remplis, chaque aujourd’hui, ne laisse qu’un goût de cendre, d’insatisfaction !

En attendant demain, voici venu le temps, de faire la fête, de fraterniser avec quelque bel(le) inconnu(e) et de l’embrasser sous le gui, en oubliant le temps qui passe.

Les heures s’égrèneront et au bout d’un certain temps, viendra le temps de vous remettre à l’ouvrage.

Autant commencer l’année de belle manière en vous rappelant cet hommage de la république aux travailleurs sociaux. Vous êtes, ceux ou celles qui font « vivre les valeurs républicaines de fraternité, en recomposant les liens familiaux, professionnels, amicaux de ceux que vous accompagnez ; d’égalité, en vous assurant que chacun de nos concitoyens ait accès à ses droits. Vous ferez vivre, la citoyenneté, en reliant ceux que vous accompagnez à la vie de la cité. » En toute humilité, « vous redeviendrez, les porteurs de cette belle idée de solidarité sans laquelle nos sociétés perdraient leur âme. »[1]

Plus simplement, demain, vous rejoindrez, enfants et parents, partenaires dans la ronde de la vie, à la fois danseurs et coauteurs de la chorégraphie. « Comme dans toute danse, il y a celui qui mène et celui qui s’ajuste. Les adultes transmettent ainsi leur temporalité aux enfants en créant pour eux un rythme sécurisant qui leur permet de se développer harmonieusement, d’acquérir des connaissances, de développer leur créativité… Encore vous faudra-t-il savoir respecter leur rythme et leur laisser le temps de la maturation. Car le temps des parents et celui des enfants n’est pas le même. »[2] Celui des travailleurs sociaux, non plus, n’est pas le même !

L’ANPASE vous souhaite une bonne année 2016 et vous invite à faire en sorte que chacun ait accès au bon temps, à un temps vraiment plein, à la vie devant soi et profitez-en, en 2016 il y a un jour de plus !

 

 


 

[1] ÉTATS GÉNÉRAUX DU TRAVAIL SOCIAL (EGTS) Plan d’action  en faveur  du travail social  et du développement social Avant-propos  de Manuel Valls, Premier ministre, le 02 septembre 2015

[2] Geneviève Djenati, psychologue clinicienne et psychothérapeute  http://culture.univ-rouen.fr/utlc-le-temps-des-parents-le-temps-des-enfants-22-01-2015-436344.kjsp


 

Ils ont assassiné le père Noël

Elle a un prénom d’héroïne de conte pour enfant mais ses proches ont assassiné le Père Noël en l’initiant précocement à la sexualité adulte.

Dans leur façon de faire famille, la question de la bonne distance relationnelle reste irrésolue. Empêtrée dans ces liens, elle grandit mal, en prise avec une souffrance qui la conduit à échouer dans ses relations aux autres.

Le juge des enfants décide de l’en éloigner ; le jour même de son placement, ses parents se séparent.

Exister, construire des relations est problématique pour elle ; elle se révèle faiseuse d’embrouille, fugueuse, et met à mal le groupe d’ados où elle a été accueillie. L’équipe est aux prises avec un fort sentiment d’impuissance. Le caractère érotisé de ses relations servi par un corps précocement développé qu’elle expose et une mésestime de soi contribuent à accentuer ses conduites à risque. Elle a douze ans et se trouve victime d’une agression sexuelle lors d’une fugue.

L’institution a-t-elle failli à sa mission de protection ? Il y a lieu de questionner sa place et notre capacité à l’accompagner, et résister à une réorientation précipitée qui serait avant tout une réponse à notre insécurité. Les assistantes familiales du service d’Accueil Familial Spécialisé sont alors sollicitées pour la mettre à l’abri. Elles seront à leur tour confrontées aux comportements destructeurs de la jeune, à ses provocations sexuelles envers les hommes, à une tentative de suicide.

Le référent social, les éducateurs, les assistantes familiales, les psychologues, les psychiatres, les chefs de service de l’internat et de l’A.F.S, l’infirmière, le pédiatre, le directeur, le directeur adjoint et le coordinateur de projet se mobilisent dans un travail de concertation avec deux services de pédopsychiatrie.

Créer du lien entre nous, en prendre soin pour mieux prendre soin d’elle, anime chacun des acteurs, parents et professionnels, dans l’élaboration d’un nouveau cadre de prise en charge. Le jour de son départ elle confie à une assistante familiale « je crois que je vais m’en sortir ! ».

Dans l’institution, personne n’est sorti intact de cette aventure qui nous a malmené mais qui nous a aussi appris à nous-mêmes que des moments de crise et de doute, peut naître « un autrement entre nous ».

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Quelquefois, de l'inattendu peut jaillir une envie de (sur)vivre, c'est de celà dont je voulais témoigner

E LEMAIRE


 

 

 

D'autres ne cessent de marcher !

Fini les chemins de campagne, pour beaucoup d’entre nous, est venu le temps de reprendre le chemin de nos établissements, de nos services, de nos bureaux… L’été se termine, voici sans doute venu, le moment de ranger ses chaussures de marche...

Mais d’autres ne cessent de marcher. On les appelle migrants, réfugiés, demandeurs d’asile…

Tous les jours, dans le monde, des hommes, des femmes et des enfants quittent leur pays d’origine ou de résidence, de manière forcée ou volontaire, en raison de la guerre, des persécutions, des menaces, des catastrophes écologiques, de la pauvreté ou dans l’espoir d’une vie meilleure.

Leur voyage est souvent périlleux, ponctués de drames.

Selon un dernier décompte du Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR), ils ont été plus de 300 000 à atteindre l’Europe par la mer, un record absolu. Plus de 2 500 y ont trouvé la mort, un bilan sans aucun doute, bien en deçà de la réalité, tant les opérations de secours sont compliquées.

D’autres chiffres évoquent 340 000 personnes, venant d’Afrique subsaharienne, du Pakistan, de Syrie, du Maroc et du Bangladesh… leur présence suscite de nombreuses questions.[1]

Ces dernières années, la migration des mineurs a pris de l’ampleur. S’ils étaient au départ accompagnés, ils sont nombreux désormais à se déplacer seuls, vers des États où ils n’ont souvent aucun lien familial.

7 600 mineurs étrangers isolés seraient sur le territoire français (en 2014), plusieurs dizaines de milliers en Europe. Du fait de leur jeune âge, ils bénéficient de la protection des États, qui leur doivent éducation et soin.

« En définitive la protection des mineurs migrants non accompagnés reste problématique, surtout du fait de l'approche choisie par les États pour traiter cette question. Le problème des mineurs migrants non accompagnés est un problème social et économique, l'aide fournie doit porter davantage sur l'écoute, afin d'identifier leurs besoins qui se résument souvent à la recherche d'un travail et d'un logement. Or, pour les autorités nationales, ces mineurs non accompagnés sont des migrants irréguliers devant être expulsés du territoire national. A ce titre, ils sont souvent conduits directement aux services de police et au parquet. Pourtant, il s’agit du meilleur moyen de les faire disparaitre dans les rues, de les contraindre à la clandestinité et donc de les rendre encore plus « volatiles » et plus vulnérables. »[2]

A L’Anpase, en cette rentrée, nous  avons choisi de mettre un coup de projecteur sur la situation de ces jeunes qu’il ne faut pas laisser sur le chemin.

 


 

[1] Amnesty international publie un guide pour vous aider « à déconstruire 10 idées reçues auxquelles vous ne savez peut-être pas toujours comment répondre. »  http://www.amnesty.be/doc/IMG/pdf/livret-migrants-corrections-juil-2015-web-version.pdf

[2] Nisrine Eba Nguema, « La protection des mineurs migrants non accompagnés en Europe », La Revue des droits de l’homme [En ligne], 7 | 2015, mis en ligne le 22 mai 2015, consulté le 29 août 2015. URL : http://revdh.revues.org/1147



 

On ne fait pas ce métier pour finir comme ça

Plus d'1 mois après, c'est toujours avec une grande émotion que nous évoquons l’assassinat de notre collègue Jacques Gasztowtt, éducateur.

Le 19 mars dernier, est mort Jacques Gasztowtt, 49 ans père de 2 enfants.

Il faisait le relais ce jour-là entre le père et la mère d'un enfant. Jacques a été tué parce qu’il a fait obstacle, qu’il s’est interposé entre une victime et son agresseur qui était venu pour lui « régler son compte ». Alcoolisé, aveuglé par sa haine et sa volonté de détruire la personne avec qui il a vécu, l’éducateur a été celui qui l’empêchait d’accomplir son forfait.

La mort d’un éducateur, traité comme un simple fait divers !

Ainsi, alors même que se multiplient à Nantes les soutiens et manifestations en hommage à Jacques Gasztowtt, dénonçant par là-même les faibles moyens mis à disposition… en Une des journaux :  le palmarès des lycées, la future loi sur le renseignement, la naissance du 2nd enfant du prince Williams et le match OM/PSG supplantent aisément l’assassinat sanglant d’un travailleur social qui a tenté de protéger une mère affolée des assauts violents de son ex-conjoint, alors même que la fillette de quatre ans du père alcoolisé aurait pu assister à cette terrifiante scène.

Rencontrer son parent, à tout prix, à n’importe quel prix !

Petite main de la justice, l’éducateur est pour les parents la partie visible de l’iceberg, et donc celle sur qui il peut déverser sa rancœur ou sa hargne.

Certains pères ou mères s’expriment avec une grande violence destructrice en direction de l’autre parent, de l’enfant ou des services sociaux. Le travail du magistrat est difficile et délicat, chaque situation est à évaluer. Quand les conditions d’une rencontre structurante ne sont pas réunies, il vaudrait mieux ne pas mettre en place de visites médiatisées.  La stabilité et la sécurité de l’enfant sont constamment mises à mal. Certains allers – retours sont pathogènes, reconnaissons-le et cessons de fermer les yeux ! Cette modalité n'est pas viable pour tous et toutes !

Cette disparition nous concerne tous ? OUI !

Parmi nous, qui travaillons dans la protection de l’enfance et la protection des adultes vulnérables, qui n’a pas vécu à un moment ou à un autre une situation très critique qui aurait pu dégénérer? En effet parfois et cela m’est arrivé comme à d’autres, la personne est dans une telle colère avant même de vous avoir rencontré que vous ne pouvez quasiment rien faire.

Le regard, que certains, vous porte alors vous conduit à éprouver  le sentiment d’avoir failli dans votre travail. C’est parce que vous n’avez pas su canaliser l’agressivité, la violence et que vous avez failli dans votre capacité à établir une relation bienveillante. Nous ne sommes pas parfaits et nous pouvons involontairement blesser nos interlocuteurs en étant parfois un peu trop directs dans nos propos mais dans notre grande majorité nous abhorrons la violence sous toutes ses formes.

C'est indéniable nous savons la gérer et l'affronter sous réserve que cette violence soit gérable. Etre tué n’est pas un risque du métier et cela ne doit pas arriver !

Les procédures, les démarche-qualités, les protocoles de travail, les chartes et recommandations de bonnes pratiques, se sont multipliés, au point  que nous en oublions l’essentiel «  Etre travailleur social, ce n’est pas une procédure, c’est une posture »  l’humain n’est pas une entreprise comme une autre.

N'oublions jamais que le seul risque pris est de croire en l'humain et son évolution !

lire aussi l'article : http://www.liberation.fr/societe/2015/04/18/nantes-inquietude-des-collegues-de-l-educateur-assassine_1248861


 

J'aime/J'aime pas les pratiques, les bonnes pratiques, les... ?

 

Morpion

Notre société nous conditionne à réagir dans l’immédiateté « j’aime_ je partage ».

Le temps qui nous échappe, celui dont nous avons le plus besoin c’est le temps de la pensée. On se dit qu’on aurait pu résister davantage, mais comment ? Ça va si vite, il y a le boulot, les soucis de tous les jours.

Puis on se dit que le temps change les choses mais en fait le temps ne fait que passer et nous devons changer les choses nous-mêmes.

Créer et résister, le slogan traduit l’engagement nécessaire des travailleurs sociaux d’aujourd’hui ».

La pression est forte, elle vient de tout horizon politique.

L’approche du travail social devient comptable : « dis-nous combien tu coûtes et je te dirais qui tu es ! » nous dira-t-on bientôt si nous ne défendons notre identité, la plus-value de notre travail.

Les professionnels se sont approprié la démarche d’amélioration de leurs pratiques. Ils ont pris toute leur place dans les évaluations de leurs services en vue d’une meilleure qualité de services. Depuis les tarificateurs des collectivités territoriales créent les conditions du nivellement par le bas de la qualité du service rendu par une approche strictement comptable. 

Dans cette approche, il y a fort à craindre que ce soit le temps de la pensée qui soit sacrifié en premier, alors progressivement il ne deviendra plus possible de penser, ni en dedans, ni en dehors de la boite.


 

Date de dernière mise à jour : 15/09/2018